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Par le Dr David Azoulai

La sexualité est une dimension profondément liée à l’identité, à l’estime de soi et à la qualité de la vie relationnelle. Chez l’homme, les manifestations de troubles sexuels (diminution de libido, érection insuffisante, éjaculation anormale, douleurs, déformation du pénis, etc.) sont fréquentes mais encore trop souvent tues.
L’Association Européenne d’Urologie (EAU) souligne l’importance d’une information complète, claire et d’un choix partagé entre le patient et le professionnel dans le cadre des troubles sexuels.
L’Association Française d’Urologie (AFU), via ses recommandations, insiste quant à elle sur une prise en charge initiale adaptée, reposant sur le modèle biopsychosocial.


En France, chez les hommes de 40 ans et plus, environ 1 homme sur 3 (31,6 %) présente une dysfonction érectile (DE) d’intensité modérée ou légère.
Selon les recommandations de l’AFU / Urofrance, la DE touche moins de 10 % des hommes de moins de 50 ans, mais dépasse souvent 20 % à partir de 60 ans.
Des sondages récents montrent que 61 % des hommes déclarent avoir déjà rencontré un trouble de l’érection au cours de leur vie. Plus précisément, 38 % d’entre eux admettent avoir connu une ou plusieurs formes de troubles du désir ou de l’érection au cours des 12 derniers mois. En France, l’enquête CSF indique que 2,5 % des hommes rencontrent souvent des problèmes érectiles, et 15 % en font l’expérience au moins à certaines périodes de leur vie.
Concernant la forme modérée à sévère de DE, après 60 ans, sa prévalence se situe entre 13 % et 28 % selon les études épidémiologiques françaises.
Voici une typologie des principaux troubles rencontrés,
pouvant justifier une consultation en andrologie :
La majorité des troubles sexuels masculins peuvent être traités efficacement lorsqu’ils sont bien explorés.
Dans les recommandations de l’AFU sur la gestion de la DE, la première ligne repose sur une démarche validée (modifications du mode de vie, prise en compte des comorbidités, traitement pharmacologique adapté).
L’EAU, dans ses recommandations « Sexual and Reproductive Health », propose un parcours de prise en charge structuré, avec des évaluations progressives, des traitements médicamenteux ou locaux, ou des interventions lorsque cela est indiqué. Voir le guide
Les traitements peuvent être combinés : médicaments oraux, injections intracaverneuses, dispositifs à aspiration, rééducation, suppléments hormonaux, etc. Voir le guide
Parler de troubles intimes n’est jamais anodin. La consultation en andrologie repose avant tout sur un espace d’écoute sans jugement, où chaque patient peut exprimer librement ce qu’il ressent.
Puisqu’il s’agit de discuter de troubles intimes, le médecin doit être à l’écoute et doté d’un grand sens humain — autant que d’une expertise technique. Cette relation de confiance est souvent le premier pas vers un diagnostic précis et un traitement adapté.
De nombreux hommes retardent leur consultation par pudeur ou par crainte du jugement. Pourtant, la prise en charge précoce améliore significativement les résultats thérapeutiques.
Les troubles sexuels masculins sont rarement d’origine uniquement physique ou uniquement psychologique. Plus de 50 % d’entre eux ont une forte composante psychologique.
Les équipes fonctionnent de plus en plus en mode multidisciplinaire, avec chirurgiens, endocrinologues, sexologues et psychologues, permettant une prise en charge globale et coordonnée selon le profil de chaque patient.
Cette approche garantit que chaque dimension du trouble — organique, hormonale ou émotionnelle — soit évaluée et traitée de manière complémentaire.
On estime qu’environ 5 à 20 % des hommes adultes présentent un faible taux de testostérone. Ce déficit peut se manifester par une baisse de libido, une fatigue persistante, une perte de masse musculaire ou des troubles de l’érection.
Le diagnostic repose sur un bilan clinique et une prise de sang réalisée le matin à jeun, confirmée sur deux dosages successifs. Avec la restauration d’un niveau hormonal suffisant, les patients se sentent rapidement mieux, moins fatigués.
La supplémentation est disponible sous forme de gel transdermique ou d’injections, et fait l’objet de recommandations précises établies par l’AFU et la Société Francophone de Médecine Sexuelle.
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